lun
10
aoû
2009
ORPHEE ET EURYDICE
Soufflant dans mon pipeau
la chanson d'Eurydice
Orphée, fils du roi de Thrace et de la Muse Calliope, était le poète et le musicien le plus célèbre de l'Antiquité.
Les premiers musiciens furent les Dieux : Athéna inventa la flûte, Hermès la lyre, Pan le pipeau. Lorsque le dieu Apollon inventa la cithare, il offrit sa lyre qu'il tenait d'Hermès à Orphée. Le
prince rajouta deux cordes en hommage aux neuf Muses qui lui apprirent à en jouer... divinement, au point qu'il parvenait à charmer les bêtes sauvages et les êtres inanimés surpassant
ainsi Apollon.
Après un voyage en Egypte, Orphée se joignit aux Argonautes et embarqua pour la Colchide à la recherche de la toison d'or. Sa musique envoûtante les aida à vaincre de nombreuses difficultés.
La tristesse est la seule promesse
Que la vie tient toujours
A son retour il s'installa en Thrace parmi le peuple des sauvages Cicones et épousa la dryade Eurydice. Mais leur joie fut brève. La noce à peine achevée, Eurydice refusa les avances d’Aristée, un dieu champêtre. Dans sa fuite, elle fut mortellement mordue au pied par une vipère.
Tu t'en retournes en arrière
Auprès des chiens de l'enfer
Orphée inconsolable se rendit au Ténare en Laconie, où se situe l'entrée des Enfers, dans l'espoir de descendre au Tartare et ramener son épouse. Il fit résonner sa lyre. Le chien Cerbère relâcha sa garde; la roue enflammée d'Ixion cessa de tourner; Sisyphe cessa de rouler sa pierre; Tantale oublia sa soif; les Danaïdes abandonnèrent leur tonneau percé; les vautours délaissèrent le foie de Tityos; les Erinyes s'attendrirent; l'insensible Hadès accéda à la demande d'Orphée mais à une condition : qu'il ne se retourne pas avant qu'ils soient revenus sous la lumière du monde des vivants.
De l'autre côté du passage obscur
Tu vois parfois d'étranges lueurs
Eurydice suivit Orphée dans le sombre passage, guidée par la musique de sa lyre, mais lorsque ce dernier revit poindre à nouveau la lumière du jour, inquiété par le silence environnant, il se retourna. Trop tôt. Elle était encore dans la caverne et elle disparut.
Tu joues ton âme en solitaire
Avec un étrange regard vers l'enfer
Pendant sept jours, en proie à la plus grande désolation, Orphée erra le long du Styx dans les solitudes sauvages de la Thrace, s'accompagnant de sa lyre et chantant sa complainte.
Lorsque le dieu Dionysos envahit la région, les Ménades furent agacées par les lamentations de l'aède. Elles le mirent en pièces et jetèrent sa tête dans le fleuve Hébros. Dionysos ne laissa pas ce crime impuni. Il changea les jambes de ses prêtresses en racines, leurs corps en troncs d'arbres et leurs branches furent à jamais secouées par le vent.
Les Muses recueillirent les membres d'Orphée et les enterrèrent à Leibèthres, au pied du mont Olympe. La tête, portée par les courants, continua de chanter jusqu'aux abords de l'île de Lesbos. Un sanctuaire fut fondé à Antissa dans une caverne consacrée à Dionysos. Comme ce nouvel oracle portait préjudice à ceux de Delphes, Claros et Grynium, Apollon fit taire la tête d'Orphée pour toujours.
Fier de ton déshonneur de poète estropié
Tu jouis comme un phénix ivre mort sous les flammes
sam
02
mai
2009
DEMETER
Pauvre petite fille sans nourrice
Arrachée du soleil
Dans la mythologie grecque, Déméter ("la mère") est la fille des Titans Cronos et Rhéa. Déesse de la fertilité et des moissons, son nom latin - Céres - est à l'origine du mot "céréales". De son union avec son frère Zeus naît Korè ("la fille") également connue sous le nom de Perséphone.
Tandis que Déméter "veille au grain", Zeus décide d'unir sa fille à son frère Hadès qui passe pour être l'un des dieux les plus riches vu le nombre de sujets qui
peuplent son royaume, celui des enfers !
Complice, sa grand-mère Gaïa, déesse de la Terre, fit pousser une fleur magique. Au moment où Perséphone voulut la cueillir, la terre s'ouvrit permettant au maître des morts d'enlever sa nièce.
Je réserve les cieux
Pour d'autres aventures
Alertée par le cri de Perséphone qui déchirait le cosmos, Déméter entreprit une quête éperdue et désespérée, à l'image de celle d'Isis dans le mythe d'Osiris. Après neuf jours et neuf nuits de recherches, Hélios, le dieu du Soleil qui avait évidemment tout vu, consentit à révéler à Déméter la vérité
sur la disparition de sa fille.
Par mesure de rétorsion, Déméter descendit vers la terre des hommes et refusa de regagner l’Olympe tant que sa fille serait captive. Ayant perdu sa beauté et sa jeunesse divines, elle se
rendit incognito dans la ville d'Eleusis où elle se fit engager comme nourrice par les quatre filles du roi.
A nouveau établie dans un rôle de mère, Déméter décida de rendre immortel le jeune prince dont elle s'occupait. Le petit grandissait à toute vitesse grâce à l'ambroisie, la nourriture des dieux, avec laquelle elle le frottait.
Oui par Isis et Déméter, les matrones associées
Que va penser de vous votre si bonne Vierge Marie ?
Surtout, chaque nuit, Déméter plongeait l'enfant dans le feu divin censé consumer ce qu'il avait de mortel. Surprise par Métanire, la mère de l'enfant, Déméter lâcha le jeune prince qui redevint
humain, et donc mortel. C'est très exactement ce qui arriva à Isis à Byblos lorsque cette dernière, à la recherche du corps dépecé d'Osiris, voulut rendre
immortel le fils de la reine Astarté dont elle était également devenue la nourrice.
Déchue pour la seconde fois de son rôle de mère, Déméter révéla son identité et fit bâtir un temple en son honneur, donnant naissance au fameux culte des mystères
d'Eleusis dont les adeptes espéraient percer le secret de la vie éternelle.
Déméter, ayant pouvoir de vie et de mort sur le monde végétal, repartit à la quête de Perséphone et décida que plus rien ne pousserait ni ne fleurirait sur terre jusqu'à ce qu'on lui rende sa
fille.
Je te veux dans la prière
Des dieux suppliant l'Humain
La survie de l'espèce humaine était en jeu, et sans hommes, c’étaient les immortels qui risquaient de s'ennuyer... à mourir ! Zeus envoya donc Hermès, le messager des
dieux, ordonner à Hadès de libérer Perséphone. Devant s'exécuter, Hadès se débrouilla pour faire grignoter un pépin de grenade, la nourriture des morts, à la jeune fille.
A jamais liée aux enfers par le fruit qu'elle venait de consommer, Zeus proposa une solution équitable : Perséphone passera désormais deux tiers de son temps avec sa mère, Déméter, et un tiers dans
l'obscurité des enfers avec Hadès.
Ainsi, au printemps, lorsque Perséphone rejoint sa mère, tout pousse en abondance sur terre, tout refleurit et la vie reprend le dessus. Passée la belle saison de l'automne, Perséphone retourne aux
enfers. La végétation dépérit jusqu'au printemps suivant, phénomène consacrant Déméter déesse des saisons.
dim
15
mar
2009
ISIS
Avec les yeux drapés de lapis-lazuli
Isis est sans doute la divinité la plus populaire
du panthéon égyptien. Soeur/épouse d'Osiris, fille de Geb, le dieu de la terre et de Nout, la déesse du ciel, son nom égyptien ("Aset") signifie "siège".
Comme un arbre mort
Au milieu du désert
Après avoir usurpé le trône de son père Râ, jugé trop vieux, Geb le divisa entre ses deux fils : Osiris reçut les terres fertiles, tandis que Seth obtint la
souveraineté sur le désert aride.
Grâce en partie au pouvoir qu'Isis avait obtenu de Râ en s’emparant de son nom caché (seules des incantations incluant le nom véritable de Râ pouvaient guérir le dieu du soleil d'un sort qu'Isis lui avait elle-même jeté), Isis et Osiris apportèrent aux Égyptiens les bienfaits de la richesse et de la civilisation.
C'est moi Borniol
Et je viens livrer le cercueil
Seth, jaloux, échafauda alors un plan afin de se débarrasser d’Osiris et s'emparer du royaume. Ayant obtenu les mensurations exactes de son frère, il fit fabriquer un magnifique coffre qu'il promit
d'offrir lors d'un banquet à celui à qui il s'adapterait le mieux. Naturellement, le coffre ne convenait à aucun des 72 complices de Seth (associés aux 72 anges-génies de la Kabbale). Lorsque Osiris
s'y fut allongé, le piège se referma sur lui et ce qui allait devenir le premier sarcophage fut jeté dans le Nil. Osiris périt noyé, d'où sa couleur verdâtre sur la plupart de ses représentations.
Seth, ainsi débarrassé de son frère put enfin prendre le pouvoir en Egypte.
Et tu cherches une vérité par-delà l'espace
Isis, archétype de l'épouse exemplaire, se mit à la quête de son époux. Elle parvint à retrouver le coffre à Byblos, emprisonné dans le tronc d'un tamaris, le ramena en Égypte et se cacha dans les marais du Delta. C’était cependant sans compter la détermination de Seth, qui, découvrant la retraite d'Isis, s’empara du sarcophage et dépeça le cadavre d'Osiris en quatorze morceaux qu’il dispersa. Aidée de sa soeur Nephtys, Isis réussit à retrouver tous les morceaux excepté le phallus, avalé par un poisson.
Vas-y déchaîne-toi sur mon corps
Vas-y mimine fais-moi la mort
Emu par les lamentations des deux soeurs, Râ envoya auprès d’elles Anubis, le dieu à tête de chien, qui embauma le corps d’Osiris et façonna ainsi la première momie. Isis remembra son mari mort à l'aide d'un phallus en bois, lui redonna le souffle et conçut un fils, Horus, qu’elle éleva en secret jusqu'à ce qu'il soit apte à venger son père désormais souverain du royaume des morts.
Au cours des IIIe et IIe siècles avant notre ère, le culte d’Isis, déesse de la magie devenue déesse de la fertilité et de la maternité, s’installe à Athènes où les Grecs la vénèrent comme une nouvelle Déméter.
Oui par Isis et Déméter, les matrones associées
Que va penser de vous votre si bonne Vierge Marie ?
dim
14
déc
2008
RÂ (RÊ)
Soleil, Soleil
N'est-ce pas merveilleux de se sentir piégé ?
Rhâ, Rat !
Dans la mythologie égyptienne, Râ, appelé aussi Rê,
est le dieu soleil, source de lumière et de vie, créateur du ciel et de la terre. Râ est celui qui se serait créé lui même. Héliopolis fut son principal lieu de culte et il connut son
apogée pendant la Ve dynastie.
Un vieux soleil glacé retraverse la nuit
Et c'est le long retour au point zéro
Le voyage que fait chaque jour le soleil dans le ciel, c’est celui que fait Râ depuis la création, alternativement dans sa barque de jour (Mandjet) puis dans sa barque
de nuit (Mesekhet).
A l'aube, Râ se lève à l'Orient. Il est Khepri, le scarabée émergeant du sol. Il combat Apophis, le serpent géant qui cherche à anéantir la création divine en tentant de faire échouer la barque
solaire. Bien que toujours vaincu, Apophis n’est jamais détruit, constituant une menace pour le monde organisé.
A midi, Râ est Horakhty, le soleil au zénith. Astre majestueux au sommet de sa splendeur et de sa puissance. Il est représenté par un homme à tête de faucon, couronné du disque solaire et coiffé
de l'uraeus, cobra femelle dressé sur son front dont l'oeil symbolise la flamme et l'aspect dangereux du soleil.
Au crépuscule, Râ est Atoum. Il prend l'apparence d'un homme à tête de bélier et embarque à l’Occident pour traverser le monde inférieur. Apophis teinte à nouveau le ciel du rouge de son
sang.
Lors de sa course nocturne, il est Auf-Râ et traverse les douze régions de l'au-delà correspondant aux douze heures de la nuit.
Dans ce monde souterrain, royaume d'Osiris, les morts sont éclairés par les rayons de l'astre solaire. Pour continuer à profiter de ceux-ci durant son périple diurne, les défunts doivent être en mesure de sortir de leur tombe et naviguer dans la barque solaire afin d'écarter d'elle les dangers.
Des incantations et formules magiques, gravées sur les sarcophages ou imprimées sur papyrus, sont donc déposées dans les tombes égyptiennes ou glissées dans les bandelettes de la momie. Le recueil de ces formules et illustrations est aujourd'hui appelé "Livre des Morts".
lun
13
oct
2008
ICARE
Dans les musiques blêmes, dans les sombres parfums
Dans les dédales obscurs où plane la folie
Dans la mythologie grecque, toute
l'histoire d'Icare découle de celle de son père Dédale, le plus éminent mortel parmi les artisans et les inventeurs, également membre de la famille royale d'Athènes.
Je n'aurais pas dû aller à l'école aujourd'hui
Ils m'ont encore battu
Icare ne montre aucun talent contrairement à son ingénieux cousin Talos. En effet, quand ce dernier inventa la scie en s'inspirant d'une arête de poisson, Dédale vit en lui non plus un apprenti, ni
un neveu, mais un rival qu'il précipita du haut de l'Acropole. Athéna changea l'infortuné en perdrix avant qu'il ne s'écrase. Confondu par un témoin, Dédale dut s'enfuir et se
réfugier en Crète où il se mit au service du roi Minos.
Un jour, voulant sacrifier un taureau à Poséidon, Minos le trouva si beau qu'il décida de l'épargner et immola une autre bête. Furieux, Poséidon inspira à Pasiphaé, la femme de Minos, une passion pour l'animal. Afin qu'elle puisse consommer ses désirs contre nature, Dédale fabriqua une maquette en forme de génisse si réaliste que le taureau fut trompé par l'imitation en bois à l'intérieur de laquelle s'était glissée Pasiphaé. Bientôt, cette dernière mit bas un monstre à corps d'homme et à tête de taureau : le Minotaure.
Certaines nuits j'imagine l'exit
Minos, honteux de l'existence de cette créature, ordonna à Dédale de construire un labyrinthe et de l'y emprisonner. L'ensemble fut conçu de telle sorte que quiconque y pénétrerait ne pourrait en sortir. Pourtant, Thésée réussit à tuer le Minotaure et à ressortir du labyrinthe grâce au fil qu'Ariane, la fille de Minos, lui avait donné afin qu'il retrouve son chemin. Quand Minos découvrit que Dédale était à l'origine de cette ingénieuse astuce, il l'enferma avec Icare dans le labyrinthe.
Tu pressens de là-haut les fastes à venir
Comme cette odeur de mort qui précède les combats
Dédale eut l'idée de rassembler les plumes des oiseaux pour confectionner deux paires d'ailes et de s'évader par les airs. Avant de prendre leur envol, Dédale recommanda à Icare de ne pas voler trop haut, de peur que la chaleur du soleil ne fit fondre la cire qui avait servi à coller les plumes.
Malgré cela, l'imprudence gagna Icare qui, grisé par sa nouvelle puissance, s'éleva toujours plus haut dans le ciel. Pour prix de sa témérité, il tomba dans la mer Egée et se noya. Dédale repêcha le corps de son fils et l'ensevelit sur une île qui porte depuis le nom d'Ikaria. Il reprit alors sa route seul et se réfugia en Sicile, à la cour du roi Cocalos.
Minos, furieux, décida de retrouver Dédale. Pour y parvenir, il fit proclamer qu'il accorderait une grande récompense à quiconque réussirait à passer un fil dans les volutes d'une coquille aux spirales particulièrement enchevêtrées. Lorsque Cocalos lui rapporta la coquille enfilée, ce dernier fut certain de retrouver Dédale, la seule personne capable d'imaginer pareil stratagème pour y parvenir : une fourmi ayant un fil accroché à la patte avait été introduite dans un orifice percé à l'extrémité de la coquille puis était ressortie par l'autre extrémité avec le fil qui l'avait suivie dans ses tours et détours. Le roi de Crète se mit alors en route pour la Sicile afin de se saisir de l'architecte. A son arrivée, Cocalos convia Minos au bain, selon la coutume. Or Dédale avait équipé la baignoire de tuyaux par lesquels il fit passer des torrents d'eau bouillonnante. C'est ainsi que Minos trouva la mort.
dim
14
sep
2008
PROMETHEE
Les dieux sont jaloux de nos corps
Nous balayons l'éternité
Dans la mythologie grecque, les
Titans, également appelés les dieux anciens, étaient les enfants du Ciel et de la Terre ; ils furent les premiers maîtres de l'univers. Malgré leur taille énorme et leur force incroyable, ils furent
supplantés par leurs propres enfants, qui devinrent les nouveaux dieux : les dieux de l'Olympe, dont le chef était Zeus.
Prométhée, fils du Titan Japet et de la nymphe Clyméné, se rangea du côté des vainqueurs avec son frère Épiméthée. Ils furent épargnés et acceptés dans le Cénacle des dieux.
Prométhée se lia d'amitié avec Athéna qui lui enseigna l'architecture, l'astronomie, le calcul, la médecine, la navigation, la métallurgie. Il modela le premier homme avec de l'argile qu'il mouilla
de ses propres larmes et auquel Athéna insuffla la vie. A son tour, Prométhée inculqua aux hommes l'ensemble de son savoir.
Zeus, qui en avait assez de voir les hommes vivre comme s'ils étaient les égaux des dieux, chargea Prométhée de sacrifier un taureau de la plaine de Mécôné et de définir ce qui devrait être la part
des dieux et celle qui reviendrait aux hommes.
Je reviendrai narguer tes dieux
Déguisé en voleur de feu
Prométhée dépeça l'animal, le découpa et confectionna deux sacs avec la peau. Dans le premier, il dissimula les chairs sous la panse répugnante de l'animal. Dans le second, il recouvrit les os nus
d'une onctueuse couche de graisse blanche. Il demanda à Zeus de choisir, qui, facilement trompé, punit Prométhée en retirant le feu aux hommes.
Prométhée, qui ne souhaitait pas les abandonner à ce triste sort, entra secrètement dans l'Olympe avec la complicité d'Athéna. Il alluma une torche au char de feu d'Hélios, le dieu du Soleil et en
détacha un morceau de braise incandescente qu'il dissimula dans une tige de fenouil. Il rapporta aux hommes ce morceau de feu divin.
Zeus, furieux, fit enchaîner Prométhée, nu, à une colonne dans les montagnes du Caucase. Mais ce dernier endurait son supplice dignement : il ne cessait d'insulter Zeus et de montrer l'iniquité de
son traitement aux quelques visiteurs qui venaient s'apitoyer sur son sort. Fort de son pouvoir divinatoire, il menaçait le roi des dieux d'une fin prochaine tout en se gardant bien de lui révéler
qui le renverserait.
Et crever d'un dernier amour
Le foie bouffé par tes vautours
Irrité par ces imprécations, Zeus envoya un griffon-vautour, né de Typhon et d'Echidna, se repaître du foie du prisonnier. Chaque jour, l'oiseau éployé plongeait son bec dans ses entrailles, et
chaque nuit, le foie du condamné se régénérait. Prométhée ploya sous la douleur pendant trente mille ans. Il finit par dévoiler à Zeus le secret qu'il détenait selon lequel en cas d'union avec la
Nymphe Thétis, le fils qu'elle lui donnerait le détrônerait.
Un jour, le héros Héraclès, fils de Zeus, qui traversait la région du Caucase, s'approcha du sommet où le révolté était cloué. À la vue de ses souffrances, il fut pris de pitié, banda son arc, et
d'une flèche, abattit le vautour. En guise de remerciement, Prométhée lui enseigna comment se procurer les pommes du jardin des Hespérides.
A présent que son propre fils intercédait en faveur de Prométhée, Zeus, qui s'était repenti depuis les révélations de Prométhée, accorda son pardon. Il lui imposa toutefois de porter en permanence
une bague faite du métal de ses chaînes et sertie d'une pierre du Caucase, comme rappel de son châtiment.
Chiron, accidentellement blessé par une flèche empoisonnée de son disciple Héraclès, fit don de son immortalité à Prométhée.
Exigeons l'immortalité
Et refusons de retourner
Peu à peu vers la face cachée
De la nuit
lun
25
aoû
2008
THESEE
Dans la mythologie grecque, Thésée est le
fils d'Égée, roi d'Athènes.
N'ayant pas obtenu d'enfant de ses deux précédentes femmes, Égée partit interroger l'oracle de Delphes, mais ne comprit pas la réponse de la Pythie : « Ne délie pas le col de ton outre gonflée de
vin avant d'avoir atteint le point le plus haut d'Athènes, sous peine de mourir un jour de chagrin ».
De passage par Trézène, il demanda quelque éclaircissement à son ami Pitthée, roi de la ville. Ce dernier comprit fort bien ; il enivra Égée et le mit dans la couche de sa fille Aethra.
Sur le point de se rendre à Athènes où son frère Pallas et ses cinquante fils menaçaient son pouvoir, Égée prévint Aethra, enceinte, que si l'enfant était un garçon, il devrait l'y
rejoindre dès qu'il serait de force à soulever le rocher sous lequel il avait placé son épée et une paire de sandales.
Aethra mit au monde un fils, Thésée. Malgré quelques doutes sur la paternité de l'enfant en raison d'ébats qu'elle avait eus avec le dieu Poséidon, ce sont bien ses origines royales qu'elle révéla à
Thésée, âgé de seize ans.
Thésée récupéra l'épée et les sandales sous le rocher indiqué par sa mère puis partit pour Athènes et débarrassa la route de ses bandits et monstres. Précédé par sa renommée, il y fut très bien reçu
mais, prudent, ne livra pas son identité à Égée qui était tombé sous le charme de la magicienne Médée.
Le parme des colchiques
rend le ciel aveuglant
Médée savait en revanche qui était ce héros et craignait pour la succession au trône de son fils Médos. Elle l'envoya donc combattre le taureau qui ravageait la plaine de Marathon. Combat qui avait
déjà coûté la vie à Androgée, fils de Minos.
Comme il rentra victorieux, elle complota de l'empoisonner lors d'un banquet, faisant croire à son mari qu'il était complice avec le clan des Pallantides. Au moment de découper la viande, Thésée se
servit de son épée. Égée la reconnut à temps et jeta à terre la coupe de poison que sa femme avait préparée à l'intention de celui qui n'était autre que son héritier.
Il chassa Médée qui retourna en Colchide avec Médos. Thésée aida son père à repousser Pallas.
Sur un port au bout de l'ennui
Aux longs dédales mystérieux
Pour libérer Athènes du tribut humain qu'exigeait d'elle le roi Minos depuis la mort de son fils, Thésée se porta volontaire pour la Crête. Il accompagna le contingent de sept jeunes garçons et sept
jeunes filles qui allaient être donnés en pâture au Minotaure, un monstre mi-homme mi-taureau que Minos avait enfermé dans le Labyrinthe construit par Dédale.
Ariane, la fille de Minos et demi-soeur du Minotaure, s'éprit de Thésée et lui donna une pelote de fil qui devrait lui permettre de revenir sur ses pas. Guidé par les mugissements du monstre, Thésée
tua le monstre juste avant qu'il ne dévore les enfants. Il retrouva la sortie du labyrinthe et embarqua pour Athènes.
Voici la voile noire du navire de Thésée
Qui me déchire les yeux au large de Sounion
A la fois grisé par sa victoire et attristé d'avoir dû abandonner en chemin Ariane à son fiancé Dionysos, il oublia les instructions de son père : il devait hisser une voile blanche en cas de
victoire contre le Minotaure et laisser la voile noire si sa mission avait échoué. Égée, qui scrutait l'horizon depuis le temple de Poséidon au cap Sounion, aperçut la voile noire du navire de
Thésée. Croyant son fils mort, il se jeta fou de chagrin dans la mer qui porte depuis son nom. Ainsi se réalisa la prophétie de l'oracle de Delphes.
mer
20
aoû
2008
IPHIGENIE
T'immoles pour nous Iphigénie
Aux rayons des soupes populaires
Dans la
mythologie grecque, Iphigénie est la fille aînée du roi Agamemnon et de Clytemnestre.
Les poètes Eschyle, Sophocle, Lucrèce ou Horace veulent qu'on ait répandu le sang d'Iphigénie et qu'elle soit morte en Aulide. Pourtant, à l'instar des Chants Cypriens réputés plus anciens, Euripide
proposa une version moins radicale.
Une nouvelle expédition contre Troie est envoyée pour libérer Hélène, la soeur de Clytemnestre, enlevée par Pâris sur les conseils de la déesse Aphrodite. Mais la flotte grecque reste bloquée à Aulis
faute de vents favorables.
Ivres et gorgées de sang
Les démones antiques
Jouent avec nos enfants
Consulté, le devin Calchas déclare que la colère d'Artémis, déesse de la chasse et de la nature, ne pourra être apaisée que si le roi lui sacrifie sa fille Iphigénie. A l'issue de la cérémonie, les
vaisseaux achéens pourraient lever l’ancre.
Accablé, Agamemnon s'oppose d'abord au sacrifice mais poussé par Ulysse et Ménélas, il accepte et fait venir Iphigénie du royaume de Mycènes sous le prétexte fallacieux de la marier à Achille,
le plus illustre des guerriers grecs.
La jeune fille, en confiance s'approche de l'autel. Sur le point d'être immolée à Artémis, la déesse est soudain prise de pitié, lui substitue une biche et l'emmène en Tauride.
Iphigénie deviendra l'une de ses prêtresses et sera chargée de lui offrir en sacrifice tous les étrangers qui y échouent.
Un jour, Oreste, le frère d'Iphigénie venu chercher la statue d'Artémis, débarque sur la côte de Tauride accompagné de Pylade. Fait prisonnier, il fut conduit au temple où Iphigénie
officiait. Le reconnaissant, elle fit annuler le sacrifice prétextant qu'un étranger matricide ne pouvait être sacrifié avant d'avoir été purifié et prit la fuite avec eux jusqu'en Attique.
Selon certains auteurs, Iphigénie mourra à Mégare où elle avait un sanctuaire. D'autres prétendent qu'Artémis l'a rendra immortelle.
sam
01
mar
2008
WAKAN-TANKA
Doux chaman en exil, interdit de sabbat
Tu pressens de là-haut les fastes à venir
Source suprême
de la Sagesse, Wakan-Tanka est le dieu généreux et tout-puissant des Sioux, celui qui éclaire le Chaman. C'est en effet du Wakan-Tanka que le voyant-guérisseur recevait sa sagesse, son pouvoir de
guérir et celui de fabriquer des talismans.
Lors du solstice d'été, durant la pleine lune, se déroulait un rituel essentiel comprenant sacrifices et souffrances : la Danse du Soleil, célébrant la renaissance des participants et de leurs
familles, mais aussi le renouveau du monde terrestre.
Un chaman était chargé de la cérémonie. Il donnait ses instructions pour la construction de la loge de la danse. Un arbre dont la cime se terminait en forme de fourche devait servir de mat central.
Puis on sacrifiait un bison. Sa tête orientée vers le soleil levant et la peau du corps était attachés tout en haut du mat.
Autour du mat représentant le centre du monde étaient étaient plantés vingt-huit poteaux disposés en cercle, correspondant aux vingt-huit côtes du bison. La fourche du mât représentait le nid d'un
aigle, oiseau symbolique par sa capacité à se rapprocher le plus du soleil, et donc de porter les prières des hommes jusqu'à Wakan-Tanka.
Les danses étaient rythmées par le battement des tambours. Les sons des sifflets en os d'aigle évoquaient la voix de Wakan-Tanka. Les danseurs s'attachaient au poteau central à
l'aide de lanières liées à des broches de bois transperçant la peau de leur poitrine. Ils auront la possibilité d'offrir des morceaux de leur chair à des parents ou amis.
La douleur représentait la mort. La libération de cette entrave symbolisait la résurrection, physique et spirituelle de l'homme, des bisons mais aussi de tout l'univers. Quand tous les danseurs
étaient libérés, la Danse du Soleil était terminée.
Interdit en 1881, ce rituel d'auto-torture cessa surtout d'être pratiqué à l'issue du terrible massacre de Wounded Knee le 29 décembre 1890. Certains indiens acceptèrent néanmoins d'interpréter la
cérémonie proscrite pour des publics blancs en recherche de sensations, simulant le "percement" des chairs au moyen de harnais. Mais beaucoup continuèrent à la célébrer en secret afin que les cycles
naturels puissent se perpétuer.
Cette cérémonie initiatique est à nouveau de plus en plus pratiquée aujourd'hui, sur chaque réserve d'amérindiens des plaines et dans quelques zones urbaines.
En suppliant Wakan-Tanka
D'oublier d'me réincarner
dim
17
fév
2008
TLAZOLTEOTL
Mais j'atterris sur des cols durs
Au pied de la Mangeuse d'ordures

Tlazolteōtl est l'une des plus importantes déesses du panthéon mexicain. D'origine huaxtèque, son nom signifie «une autre Vénus» mais, au XVIème siècle, elle était surtout vénérée au titre de
Tlahēlcuāni, la «mangeuse d'ordures».
Elle a été connue sous quatre apparences, liées à différentes étapes de sa vie.
En tant que jeune femme, elle était une tentatrice insouciante, incitant à la luxure, au péché de chair et aux comportement lubriques. Déesse de l'enfantement, elle a souvent été représentée sous la
forme d'une femme en couche.
Sous sa deuxième forme elle était une déesse capable d'éradiquer la corruption.
Dans son âge mur elle était la grande déesse capable d'accorder l'absolution. Elle pardonnait ainsi les mourants ou les repentissants qui avaient commis des entorses à la morale sexuelle, la vie de
débauche étant violemment condamnée dans l'esprit nahuatl, chez les Aztèques.
Tout homme et toute femme devait se confesser à elle au moins une fois dans sa vie. Avant la confession, il fallait jeûner quatre jours, s'infliger des scarifications puis faire pénitence. Le pardon
accordé, on demandait souvent aux prêtres, qui servaient d'intermédiaire entre la déesse et les pécheurs, une cédule pour la montrer aux autorités. En tant que purificatrice, Tlazolteōtl était
également patronne des bains de vapeur, originaires eux aussi de la région de Veracruz.
Je vois s'éloigner les rapaces
Loin des temples en marbre de lune
Dans sa dernière manifestation elle devint la patronne du renouveau. Sous cet aspect, on lui offrait des sacrifices humains. En particulier, un jeune homme était tué et écorché,
puis on revêtait la statue de la déesse de la peau de la victime sacrificatoire fraîchement prélevée. Elle portait le yacametztli l'ornement de nez distinctif des divinités lunaires.
Tlazolteōtl fut la déesse la moins honnie des missionnaires espagnols, du fait même de son rôle de purificatrice et de rédemptrice, très proche de la pensée chrétienne.
Brisant les corps moisis, fallacieux et glacés
De tes poupées nitides aux baisers d'amadou
mer
13
fév
2008
MOLOCH
Météo-sex-appeal en matant la dérive
Du Sèvres-Babylone correspondance Ninive

Selon la Bible, Nimrod, un arrière-petit fils de Noé, régna sur Babel où il aurait fait construire une tour assez haute pour que les flots ne
puissent en submerger le sommet en cas de nouveau Déluge. Il bâtit également Ninive, mais par un artifice de cultes macabres, s'efforça de détacher les hommes de la crainte de Dieu.
Salomon, le fils du roi David, bâtit même un haut-lieu en dévotion à Chemosh, dieu des Moabites, et un autre pour vénérer Moloch, le dieu des Ammonites.
Je suis le captain M'acchab
Aux ordres d'une beauté nabab
Achab, roi d'Israël, érigea également un temple et un autel en l'honneur de Baal de sorte que les Phéniciens puissent adorer le soleil, tout comme le firent les Égyptiens sous l'Ancien Empire avec
Ra (Rê).
J'y ai découvert que notre père
Moloch avait changé de partenaires
L'un de ces "faux-dieux", Moloch, fut donc idolâtré par les descendants de Loth. Représenté sous la figure monstrueuse d'un homme à tête de
veau, il figure dans l'Ancien Testament chez les Chrétiens et dans la Torah chez les Juifs.
Un prêtre prenait l'enfant amené par ses parents et le déposait sur les bras de la statue en bronze. D'autres prêtres battaient du tambour et poussaient des acclamations frénétiques pour étouffer les
hurlements de l'enfant. Puis les prêtres manipulaient les bras de l'idole de sorte que l'enfant tombe dans le foyer dans lequel il allait se consumer.
Les pratiques de culte et le style de vie de ces populations païennes étaient d'une telle abomination et tellement détestables que Dieu ordonna aux Israélites d'éliminer les Ammonites lors de la
conquête de Canaan.
Moïse, qui vivait au milieu des peuples pratiquant le sacrifice humain, punissait également de mort tout père qui livrait son enfant à Moloch.
Moloch-city destroy-machine
Ô sweet amanite phalloïde queen
lun
11
fév
2008
LOTH
Mais toi ne te retourne pas
Va droit sur ton nouveau chemin
De retour d'Égypte, Loth
s'attribua la meilleure part de la contrée découverte : la plaine du Jourdain, et s'établit à Sodome tandis que son oncle Abram choisit le pays de Canaan (Genèse
13).
Les villes rebelles, Sodome et Gomorrhe, furent pillées et rançonnées au cours d'une guerre. Abram rejoignit son neveu pour le libérer, lui et sa ville (Genèse 14).
Mais Dieu annonça à Abraham son intention de détruire ces villes de péché. A Sodome règne en effet la dépravation sexuelle de ses habitants. Abraham tenta de sauver la ville en invoquant une
poignée de justes (Genèse 18).
Aussi, deux anges y furent envoyés pour vérifier les rumeurs. Ces derniers reçurent l'hospitalité et la protection bienveillante de Loth. Bien que prêt à sacrifier ses filles à la population
hostile pour protéger ses hôtes, la ville subira sa destinée. En signe de reconnaissance, les anges pressèrent Loth et sa famille de quitter Sodome sur le champ. Ils les sommèrent de ne pas regarder
en arrière durant leur fuite.
Et j'ai ces voix débiles qui m'gueulent dans l'hygiaphone
Ne vous retournez pas la facture est salée
Tandis qu'une pluie de soufre et de feu s'abattait sur la ville, la femme de Loth regarda en arrière. Elle se transforma instantanément en une statue de sel. Loth et
ses deux filles poursuivirent leur chemin et s'installèrent dans une caverne.
Leur père vieillissant étant le seul homme de la contrée, elles l'enivrèrent et couchèrent avec lui sans qu'il ne s'en rendit compte. A l'issue de leur relation incestueuse, l'aînée enfanta Moab, le
père des Moabites, et la cadette donna naissance à Ben Ammi, le père des Ammonites (Genèse 19).
Mai joli mai mois de Marie
Sodomie-trash & fantaisies
dim
10
fév
2008
ABRAHAM
Et je change à Sodome, à Gomorrhe j'ouvre un pack
Avant de me tirer de c'putain d'Eden-Park
Appelé à
l'origine Abram, Abraham appartient à la descendance de Sem, fils de Noé. Il est revendiqué par les trois religions monothéistes.
Après le déluge, les descendants de Noé bâtirent de nombreuses villes telles Sodome, Gomorrhe, Ninive ou Babel et sa célèbre tour qui incita Dieu à disperser les nations et à confondre les langages
(Genèse 10).
Ce dernier apparut à Abram repentit alors âgé de 75 ans et lui ordonna de rejoindre le pays de Canaan. Il s'y rendit accompagné de son épouse Saraï (qui est aussi sa demi-soeur) et de son neveu Loth.
Mais la famine les conduit en Égypte d'où ils furent finalement chassés. A leur retour, Abram et Loth se partagèrent le territoire qui s'ouvrait devant eux et se séparèrent car ils étaient trop
riches pour rester ensembles. (Genèse 12-13).
Lors d'une nouvelle apparition, Dieu répèta à Abram sa promesse d'un enfant mâle. Saraï étant stérile, elle donna à Abram sa servante, Agar, qui enfanta un fils : Ismaël (Genèse 16).
Treize ans plus tard, il proposa une alliance : Abram, « le père puissant », devint Abraham « le père des nations ». Il promit également un fils de Saraï, devenue Sarah, mais tous
les hommes de sa maison devraient être circoncis en signe d'alliance. Sarah enfanta donc Isaac dans la vieillesse et ce dernier fut circoncis à l'âge de huit jours, événement à l'origine du rituel
judaïque. Elle fit chasser Ismaël et sa mère (Genèse 17-21).
C'est alors que Dieu mit Abraham à l'épreuve en lui demandant d'offrir son unique fils en sacrifice sur le mont Moria. Abraham s'exécuta sans discuter. Comme il venait de montrer sa crainte envers le
tout puissant, un ange lui demanda d'épargner Isaac. Abraham vit un bélier et l'offrit à la place de son fils (Genèse 22).
Pendant qu'un Abraham ivre de sacrifices
Offre à son dieu vengeur les sanglots de son fils
mer
30
jan
2008
NOE
L'infirmier de minuit distribue le cyanure
Et demande à Noé si le charter est prêt
Noé est un descendant de Seth, le troisième fils d'Adam et Eve. Il apparaît dans la bible (Genèse 6,9 à 11,32), dans la Torah
(seconde parasha hebdomadaire) et dans le Coran (Sourate 71).
Après que les hommes eurent commencé de se multiplier, Dieu réduit leurs jours à 120 ans mais se penchant sur sa création, il constata que la méchanceté des hommes et la violence emplissaient la
terre.
Il décida d'exterminer toute vie humaine et animale par un déluge. Un seul homme du nom de Noé trouverait grâce à ses yeux car c'était un homme juste et intègre qui marchait avec lui. Chargé de
construire une arche avec des mesures très précises, Noé, ses trois fils Sem, Cham et Japhet, leurs femmes respectives et un couple d'animaux de chaque espèce seraient épargnés.
1656 ans, 2 mois et 17 jours après avoir créé l'homme, les pluies diluviennes commencent à s'abattre. Le déluge durera 40 jours et 40 nuits. Après environ 220 jours de navigation, l'arche s'échoue
sur le mont Ararat. Après le reflux des eaux, Dieu contracte avec les rescapés une alliance et leur promet de ne plus détruire l'humanité.
Mais un jour, ayant abusé du vin, Noé découvert nu est honteusement traité par son fils cadet. Le patriarche bénit Sem et Japhet mais maudit Cham en la personne de son fils Canaan.
La fille du cosmonaute
Explore le terrain vague
Autour du Noah's boat
Avec un doggy bag
dim
13
jan
2008
CAIN
J'étais Caïn junior le fils de Belzébuth
Chevauchant dans la nuit mes dragons écarlates

Caïn est l'aîné des deux premiers fils qu'eurent Adam et Eve après leur expulsion du Jardin d'Eden.
Des hérétiques et des rabbins profitèrent des ambiguïtés du récit biblique (Genèse 1,27 / 2,23 / 3,20 / 4,1) pour raconter avec complaisance l'histoire de Lilith,
unie d'abord à Satan, et dirent comme elle débaucha Adam, tandis que Satan engendrait Caïn dans les flancs d'Eve adultère. L'intervention du Serpent dans la Bible (Genèse 3,4) peut d'ailleurs être
rapprochée à celle de Satan dans le Coran (Sourate 2,36).
Eve enfanta ensuite Abel qui fut berger d'ovins tandis que Caïn fut laboureur de la terre (Genèse 4,2).
Caïn fit une offrande « des fruits de la terre ». Abel en fit une « des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse ». L'offrande d'Abel fut agréée mais pas celle de Caïn (Genèse 4,3-5).
Quand j'ai besoin d'amour ou de fraternité
J'vais voir Caïn cherchant Abel pour le plomber
Epris d'orgueil, Caïn menaça son frère Abel puis le tua dans un élan de jalousie, faisant de lui le premier meurtrier de l'humanité (Genèse 4,8 / Sourate 5,30).
Le Coran rajoute qu'en voyant un corbeau gratter la terre, Caïn se rendit compte qu'il avait été incapable d'ensevelir le cadavre de son frère et fut pris de remords
(Sourate 5,31).
Caïn partit et construisit une ville à laquelle il donna le nom de son fils : Hénoch. Sa descendance, par l'intermédiaire de Lémec, premier polygame avoué de la Bible (Genèse 4,19), revendique la
paternité de tous ceux qui exercent des activités commerciales, artistiques et industrielles (Genèse 4,20-22).
De leur côté, Adam (qui vécut 930 ans) et Eve eurent un autre fils nommé Seth, pour remplacer Abel que Caïn avait tué. Sa descendance nous conduira à la naissance de Noé, 126 ans après la mort d'Adam (Genèse 5,3-29).
sam
22
déc
2007
LILITH
Dans la
tradition juive, jusqu'à la seconde moitié du XIX e siècle, Lilith était considérée comme la première compagne d'Adam.
Créée au sixième jour de la Création à partir de la même poussière de terre que ce dernier, elle se considérait comme son égale et refusa de se soumettre à la position du "missionnaire" (lui « dessus
» et elle « dessous ») malgré son appétit sexuel insatiable.
Lilith ! Lilith !
Tu sais comment, comment ça jouit
Lors d'une dispute avec Adam, elle obtint miraculeusement des ailes pour s'envoler du Jardin d'Eden. Seul au paradis terrestre, Adam pleura en direction du Tout Puissant, se
lamentant du départ de la femme rebelle.
Dieu envoya alors les trois anges de la Médecine à Lilith pour la convaincre de revenir auprès d'Adam. S'y refusant, les anges lui annoncèrent la sentence du Seigneur : elle mettrait au monde de
nombreux enfants et cent de ses fils devraient mourir chaque jour.
Désespérée devant l'effroyable cruauté du châtiment, elle décida de mettre un terme à son malheur en se jetant dans la Mer Rouge. Mus par le remords, les trois anges lui accordèrent en compensation
de la rigueur du jugement, qu'elle aurait tout pouvoir sur les nouveau-nés, pendant huit jours après leur naissance pour les garçons et pendant vingt jours pour les filles. En outre, elle jouirait
d'un pouvoir illimité sur les enfants nés en dehors du mariage. Toutefois, elle devrait s'engager à les laisser en vie à chaque fois qu'elle verrait sur une amulette le nom ou le portrait de l'un de
ces anges.
Mercenaires de Lilith contre miliciens d'Eve
Dans la fumée des incendies sanglants
De son côté, Adam implora une autre compagne. Le Dieu Père l'exauça, modelant pour lui Eve, qu'il tira de l'une de ses côtes, symbolisant ainsi la femme dépendante et inférieure à
l'homme.
Sur les bords de la Mer Rouge, Lilith, quant à elle, rencontra Samaël Satan, maître des anges déchus (autre nom de Lucifer que le Talmud désignera du nom d'Adam-Bélial pour souligner le rôle néfaste
du couple maudit). De son union avec Samaël, elle deviendra la mère des succubes, Reine des forces du mal, Reine de Saba et immortelle.
Dans le Testament de Salomon, elle erre la nuit et rend visite aux femmes en couches, s'efforçant d'étrangler leur enfant nouveau-né.
Profanatrice de la semence humaine et régisseuse de la fécondité des femmes, Lilith sera au fil des âges associée au serpent du péché originel -tout comme Satan- puis représentée comme l'incarnation
de la Lune Noire, le symbole de la luxure avant de devenir l'emblème de mouvements féministes juif-américains.
Lilith n'est expressément désignée qu'une seule fois dans la Bible, dans le Livre d'Isaïe (XXXIV,14), à propos des ruines d'Edom symbolisant le châtiment des nations : « Dans ses forteresses
pousseront des ronces, dans ses fortifications, des orties et des chardons. Ce sera le repaire des chacals, un courtil à hiboux. Les lynx y rencontreront les hyènes, les satyres s'y répondront. Et là
aussi s'installera Lilith : elle y trouvera le repos ». Elle est en revanche présente dans la majeure partie du corpus de la littérature juive Talmud, Midrashim, Kabbale ou folklore
populaire.
Tes amants transitoires
Transis et dérisoires
Se traînent sur tes trottoirs
Reine noire
lun
19
nov
2007
LES VALKYRIES
Reprends tes walkyries pour tes valseurs maso
Mon cheval écorché m'appelle au fond d'un bar
Dans la
mythologie nordique, les Valkyries sont des vierges guerrières qui accompagnent Odin dans la Chasse Sauvage à la quête de héros morts au combat. Leur mission est de sélectionner les
Einherjar pour les emporter au Walhalla. Les autres guerriers s'en vont peupler les lugubres empires de la maîtresse des enfers, Hel. Littéralement « Celle qui choisit qui
succombera ». Deux Valkyries, Gunn et Rota, choisissent ceux qui doivent mourir, en compagnie de Skuld (la Nécessité), plus jeune des Nornes, l'une des trois Destinées.
Odin : Chef du panthéon nordique, Dieu de la guerre, de la mort mais aussi de la sagesse et de la poésie. Il est le fils des géants Bor et
Bestla, père de Thor et époux de Frigg. Il est représenté le plus communément en homme âgé, barbu et borgne. Il sacrifia son oeil contre la sagesse à la fontaine Mimir et vola la poésie aux nains
qu'il offrit aux humains et aux dieux. Il lui fallut auparavant se pendre pendant neuf jours à l'arbre d'Yggdrasil, le corps transpercé de sa propre lance. Renaissant de cette mort mystique, il
apprit neuf puissants chants et les dix-huit premières runes du langage secret, le Futhark.
Walhalla : Palais comportant une vaste salle resplendissante d'or, au toit recouvert de boucliers. Sa charpente est faite de lances et la
grande salle, percée de cinq cent quarante portes. Chacune de ces portes est assez large pour laisser sortir de front huit cents guerriers. Pour payer la construction du Walhalla, les dieux et les
géants convoitèrent l'anneau des Nibelungen que le nain Alberich avait forgé avec l'or volé aux Vierges du Rhin. A cette fin, deux de ces derniers prirent en
otage Freyja, la déesse de la fertilité et de l'amour.
Einherjar : « héros morts » sélectionnés par les Valkyries. Ils s'entraînent sans relâche au Walhalla ressuscitant le soir pour le banquet
- au cours duquel les Valkyries leurs serviront notamment de la bière - et recommençant inlassablement le lendemain. Ils se préparent ainsi à combattre aux côtés des dieux contre les géants
au jour du Ragnarök.
Ragnarök : « Le-Crépuscule-des-Dieux » est la guerre entre les dieux et les géants, eux-mêmes entourés des « morts indignes » de Hel. Odin
savait que cette guerre était perdue d'avance mais l'humanité y survivra grâce à Lif et Lifthrasir, deux humains, qui trouveront refuge avant la bataille dans l'arbre d'Yggdrasil.
Runes : Les Runes Nordiques étaient les symboles du Furthark mais aussi une méthode d'invocations des Divinités.
Furthark : Nom Germanique de l'alphabet Runique, écriture des peuples Nordiques et symboles secret des Dieux.
Dans les carnets intimes du messager des runes
L'écriture est en transe et clignote à la une
sam
03
nov
2007
LES NIBELUNGEN
Les Nibelungen sont des nains des légendes germaniques, les fils du brouillard. Ils possédaient de grandes richesses qu'ils tiraient de leurs mines situées sous les
montagnes de la ville de Worm, là où ils habitaient. Ils avaient pour roi Nibelung. Cette légende rapporte les exploits du chevalier Siegfried.
Ce dernier est un héros de la mythologie scandinave, personnage central de la saga de Völsung (version païenne du VIIIe siècle) et de la chanson des Nibelungen (version christianisée du XIIIe
siècle). C'est lui qui a tué le dragon Fáfnir, ce qui l'a rendu presque invulnérable. C'est également l'amant de la walkyrie Brünhild qu'il est le seul à avoir
battue au combat.
Mais Siegfried ne tient pas compte des avertissements des fantômes et s'empare de l'anneau, pièce maîtresse du fabuleux trésor des Nibelungen confié aux eaux du Rhin.
Maudit par le Nibelung Alberich, l'anneau qui lui fut dérobé sème sur son passage la discorde, l'intrigue et la mort. A cause d'un philtre d'amour, Siegfried tombe amoureux de la sœur du roi de
Burgondie et en oublie Brünhild. Il meurt égorgé dans son sommeil à cause du désir de vengeance de cette dernière qui se suicidera après avoir révélé son mensonge. Dans un dernier souffle, elle
demanda à être sur le bûcher funéraire de l'homme qu'elle aimait.
La mort de Siegfried permet aux Nibelungen de faire main basse sur le prodigieux trésor que le héros s'était acquis de haute lutte. Une nouvelle ère marquée par la vengeance et la mort entraîne dans
un ultime sursaut ce qui reste de la lignée des Nibelungen. Mais l'anathème est implacable, précipitant la fin de la race condamnée.
La légende fut remaniée par Richard Wagner dans sa tétralogie dramatique : L'Or du Rhin, La Walkyrie, Siegfried et le Crépuscule des Dieux connu aussi sous le nom de L'Anneau du Nibelung.
Sous le régime Nazi d'Hitler, elle devint une grande épopée propagandiste arienne.
ven
26
oct
2007
MELUSINE
Tandis que Mélusine aux longs cheveux défaits
T'organise une party dans la brume des marais
La légende de la fée
Mélusine issue de la mythologie celtique a été contée par Jean d'Arras à la fin du XIVe siècle.
Elinas, roi d'Ecosse, rencontre la fée Persine se baignant dans une fontaine et tombe amoureux d'elle. Elle accepte de l'épouser pourvu qu'il lui promette de ne pas chercher à la voir durant ses
couches.
Mais il finit par céder à la tentation et entre dans la chambre où Persine baigne leurs trois filles. Persine, trahie, n'a pas d'alternative à l'exil.
Quinze années ont passé. Mélusine convainc ses soeurs d'enfermer leur père dans la montagne pour lui faire payer le tourment dans lequel il les a plongées en rompant son serment.
Réfutant leur jugement, Persine jette un sort à sa fille Mélusine et les chasse toutes de l'île enchantée d'Avallon.
La jeune Mélusine arrive alors en terre de France et erre dans les forêts du Poitou.
Raimondin, neveu du comte du Poitou, rencontre la fée Mélusine se baignant dans une fontaine et tombe amoureux d'elle. Elle accepte de l'épouser pourvu qu'il lui promette de ne pas chercher à la voir
le samedi.
Les premières démonstrations au grand jour de ses pouvoirs sont spectaculaires. Chaque nuit, elle fait construire tours, châteaux, chapelle et clochers, apportant prospérité au pays.
Elle donne naissance à dix fils, dont les huit premiers sont porteurs d'une tare physique.
Jusqu'au jour où l'on rapporte à Raimondin la rumeur qui court en ville au sujet de ses enfants, des activités hebdomadaires de sa femme :
- M'est avis qu'elle pratique le coït !
Raimondin finit par douter et se rend un samedi devant la porte interdite.
De l'autre coté, il y découvre sa femme se baignant dans une immense cuve de marbre blanc. Elle peigne ses longs cheveux, nue de la tête jusqu'au nombril. Dans l'eau trempe une gigantesque queue de
serpent.
Le serment est rompu. Mélusine s'envole par la fenêtre, comme une tornade, en poussant une longue plainte.
On prétend qu'elle n'abandonna pas ses enfants pour autant, et qu'elle revint régulièrement la nuit s'occuper d'eux, jusqu'à ce qu'ils fussent en âge de se passer d'elle. Mélusine apparut à chacun d'eux peu de temps avant la mort de Raimondin; vision d'une femme tourmentée et gémissante, tournoyant seule en peine dans le ciel. De nos jours, on l'aperçoit encore lorsqu'une forteresse de la famille est vendue, ou bien encore lorsqu'un des héritiers de ses fils est proche du trépas.
dim
21
oct
2007
LORELEI
Tu m'rappelles mes amants perdus dans la tempête
Avec le coeur naufrage au bout des bars de nuit
Au Moyen-Âge, le rocher de
la Lorelei, d'une hauteur de 132 mètres, était bien connu : il se trouvait à l'un des endroits les plus dangereux du Rhin, près de Saint-Goarshausen. Le fleuve, à cet endroit, atteint une profondeur
de 25 mètres et fait seulement 113 mètres de large. Beaucoup de marins, dans leurs canots en bois, se sont fracassés contre la falaise.
Goethe, précurseur comme toujours, lança la mode du Rhin romantique lors d'un voyage dans cette région en 1774.
C'est en 1801 que le nom de "Lore Lay" apparaît pour la première fois dans une ballade du poète Clemens Brentano, mais la version la plus connue est sans conteste la version poétique de Mélusine, les sirènes, nymphes et sylphes de la mythologie grecque sont omniprésents.
Ce n'est qu'en 1810 que le motif d'une femme blonde malheureuse se peignant sur son rocher apparaît dans le conte plusieurs fois remanié de Brentano. Le mythe était né et il va se perpétuer tout au
long du 19ème et du 20ème siècle, sous des formes et avec des interprétations différentes : voir Lorely de Gérard de Nerval ou La Loreley de Guillaume Apollinaire
par exemple. Lorelei prendra la fonction, pour quelques poètes, de symbole national semblable aux walkyries mais nous renvoie au final à la genèse et au
mythe de Lilith.
Voici la traduction française de la version initiale du poème de Clemens Brentano que l'on pourrait qualifier à la fois de conte, de ballade, de complainte et d'élégie !
La pauvre Lore Lay
À Bacharach, au bord du Rhin, habitait une magicienne. Elle était belle et gracieuse. Elle séduisait facilement le coeur. Déjà, plusieurs hommes avaient souffert pour elle. Une
fois qu'on était tombé dans ses liens d'amour, on ne pouvait plus s'en délivrer.
L'évêque la cita devant le tribunal ecclésiastique. Il voulait la condamner, mais il n'en eut pas la force, tant il la trouva belle. «Dis-moi, s'écria-t-il avec émotion, dis-moi, pauvre Lore Lay, qui
donc a fait de toi une méchante sorcière?
- Seigneur évêque, laissez-moi mourir. Je suis lasse de la vie ; car tous ceux qui me regardent sont condamnés à souffrir. Le feu magique est dans mes regards, et mon bras est une baguette magique.
Jetez-moi dans les flammes, détruisez mes enchantements.
- Je ne peux pas te condamner avant que tu m'aies dit comment il se fait que ce feu magique ait déjà pénétré dans mon sein. Je ne peux pas te condamner, car mon coeur se briserait en deux.
- Seigneur évêque, ne vous moquez pas d'une pauvre fille. Priez plutôt, priez pour moi le Dieu de miséricorde. Je ne veux pas vivre plus longtemps. Je ne peux plus aimer. Condamnez-moi à mort. Voilà
tout ce que je vous demande. Celui que j'aimais m'a trahi ; il s'est éloigné de moi ; il est parti pour la terre étrangère. La douceur du regard, le frais incarnat du visage, la suave mélodie de la
voix, voilà ma magie. Moi-même j'en suis victime. Mon âme est pleine de douleur, et je mourrais si je voyais mon image. Faites-moi donc justice. Laissez-moi mourir. Tout a disparu pour moi dans le
monde, depuis que je ne vois plus celui que j'aimais.»
L'évêque appela trois chevaliers : «Conduisez-la, dit-il, dans un cloître, Va, ma belle Lore Lay ; que le ciel ait pitié de toi ! Tu deviendras nonne, tu porteras la robe noire et blanche.
Prépare-toi sur cette terre au grand voyage de la mort.»
Les chevaliers partirent pour le cloître, et regardèrent avec tristesse la belle Lore Lay.
«Ô chevaliers ! s'écria-t-elle, laissez-moi monter sur ce rocher. Je veux voir encore une fois la demeure de mon bien-aimé ; je veux contempler encore une fois les vagues profondes du Rhin. Puis nous
irons au cloître, et je deviendrai la fiancée du Seigneur.»
Le roc est taillé à pic, difficile à gravir. Mais elle s'élança rapidement jusqu'à son sommet, et là, debout, elle s'écria : «Je vois un bateau sur le Rhin ; celui qui guide ce bateau doit être mon
bien-aimé. Oui, c'est sans doute mon bien-aimé, et la joie me revient au coeur.»
À ces mots, elle baissa la tête et se précipita dans le fleuve.
Là s'arrêta le chant du poète. Mais le peuple continua la tradition. Il raconte que Lore Lay apparaît encore au milieu du fleuve où elle s'est jetée, comme Sapho. Souvent on la voit à la surface des
vagues, tresser ses longs cheveux ; souvent, le soir, on l'entend jouer de la harpe et chanter, et ceux qui prêtent l'oreille à ses chants, ne peuvent résister à la magie de sa voix, à la fascination
de son regard. Ils abandonnent leur barque et se jettent dans les flots.
Clemens BRENTANO (1801)
Voyage au bout du rêve

