sam

16

aoû

2008

Johann Wolfgang von GOETHE (1749-1832)

Von euch Schurken keinen Spott!

 

Friedrich HÖLDERLINJohann Wolfgang von Goethe est né à Francfort le 28 août 1749.

Elevé librement dans un milieu bourgeois, protestant et cultivé, il s'imprègne tout autant des classiques anciens et modernes, que de la Bible, de la mythologie antique et des légendes populaires allemandes.

Il étudie le droit à l’université de Leipzig, puis à celle de Strasbourg en 1770. Il y découvre Shakespeare, Homère et Jean-Jacques Rousseau et publie ses premiers recueils de poésie.

Il exprime alors son désaveu de la règle des trois unités (temps, lieu et action) qui caractérise la tragédie classique française, préférant l’expression shakespearienne des émotions et des sentiments.


De retour à Francfort pour y exercer la profession d'avocat, il compose et ébauche de nombreux drames fondés sur des personnages mythiques ou archétypaux, dont Satyros ou le Faune fait dieu en 1773 et Prométhée en 1774.

 

Je crache dans ma tête les vapeurs d'ammoniac
D'un sturm und drang sans fin au bout du never been

 

Ce style nouveau, genre « vieil allemand », qu'il crée plaît énormément à la jeunesse préromantique, inaugurant alors le fameux mouvement littéraire Sturm und Drang.

Lors de la publication de Les Souffrances du jeune Werther en 1774, ce roman d’inspiration autobiographique provoqua chez les jeunes gens un phénomène d’identification tel qu’il engendra parmi eux une véritable vague de suicides.

 

T'immoles pour nous Iphigénie
Aux rayons des soupes populaires

 

Un désir d'évasion le mène alors en Italie, de septembre 1786 à juillet 1788. Ce voyage capital, qu'il qualifie lui-même de « nouvelle naissance », le met au contact direct de l'art antique. Il retranscrit en vers sa tragédie Iphigénie en Tauride.

A son retour à Weimar, il s'investit de plus en plus dans ses recherches scientifiques (minéralogie, botanique, anatomie ostéologique, optique). L'idéal républicain suscité par la Révolution française lui paraît un remède contre l'égoïsme des classes dominantes. Cependant, il croit plus à l’évolution qu’à la révolution.

En 1794, sa rencontre avec Friedrich von Schiller, l’un des plus grands dramaturges allemands du siècle, est décisive. Liés par une indéfectible amitié, ils échangent une abondante correspondance, collaborent et rivalisent de créativité poétique jusqu'à la mort de Schiller en 1805.

En 1808, Goethe achève le Premier Faust commencé trente-cinq ans plus tôt.

En 1817, il abandonne la direction du Théâtre de Weimar et s'intéresse vivement aux jeunes littérateurs français qu'il lit dans le texte original. La traduction de Faust par Gérard de Nerval renouvelle son intérêt pour une oeuvre qu'il n'aime pas relire en allemand.

Goethe, devenu une sorte d'institution, meurt le 22 mars 1832 dans sa maison de Weimar, peu de temps après avoir terminé le second Faust.

 

Die ihr nicht gedenkt ihnen zu vertreiben;
So mögt ihr denn im Dreck bekleiben.
Ich zieh meine Hand von euch ab,
Lasse zu edleren Sterblichen mich herab.


plus d'infos 2 commentaires

sam

08

mar

2008

Friedrich HÖLDERLIN (1770-1843)

Je crache dans ma tête les vapeurs d'ammoniac
D'un sturm und drang sans fin au bout du never been

 

Friedrich HÖLDERLINFriedrich Hölderlin est né le 20 mars 1770 à Lauffen am Neckar en Allemagne.

La mort de son père à l'âge de deux ans, celle de son beau-père à l'âge de neuf ans, puis celle de ses demi-frères engendrent chez lui une tristesse précoce et une gravité dont il ne départira plus.

Son adolescence est marquée par son goût et son talent pour la poésie et la musique.

À partir de 1788, il étudie la théologie à l'université de Tübingen. Les séminaristes y dévorant Kant et Rousseau, il manifestera une grande admiration pour la Révolution Française, et se ralliera au Sturm und Drang, mouvement littéraire et politique précurseur du romantisme s'opposant au rationalisme dominant.

En 1793 il rencontre l'inspirateur poétique de toute une génération, Friedrich Schiller, qui publie certains de ses poèmes dans sa revue "La Nouvelle Thalia". C'est également chez ce dernier qu'il rencontrera Goethe.

Sa sensibilité d'écorché vif, son caractère cyclothymique lui jouent des tours. Il oscille souvent entre des emballements auxquels succèdent des déceptions qui le plongent dans une noire mélancolie. Fatigué de ses déboires amoureux avec Suzette Gontart, la femme de son employeur, il quitte Francfort en 1798.

Survient alors une période d'intense créativité poétique inspirée du modèle antique (élégies, hymnes ou odes) qui fait de lui le dernier des grands poètes de l'Antiquité et le premier poète grec de l'Allemagne.

Après avoir tenu un bref emploi de précepteur à Bordeaux, les premières atteintes du mal qui le conduira peu à peu à la démence se manifestent. Hölderlin rentre alors en Allemagne en 1802 où il apprend la mort de Suzette qui s'est laissée emporter par la consomption qui la minait. Le philosophe Friedrich von Schelling constatera à son sujet : « Depuis ce voyage fatal son esprit est complètement délabré ».

Le poète, conscient de sa lente dégradation, profite d'une courte rémission pour traduire les tragédies Oedipe roi et Antigone de Sophocle dont s'inspireront les écrivains du XXe siècle. Il meurt le 7 juin 1843 après avoir passé plus de la moitié de son existence dans l'aliénation.

 

Crachant l'amour-folie de leurs nuits métropoles
Ils croient voir venir Dieu ils relisent Hölderlin

 


plus d'infos 0 commentaires

jeu

04

oct

2007

Heinrich HEINE (1797-1856)

Heinrich HEINEHeinrich Heine est né à Düsseldorf, de parents juifs sans fortune, le 13 décembre 1797 sous le nom de Harry Heine.

Sa ville natale dominée par les Français se caractérisait par un large esprit de tolérance, notamment vis-à-vis de la condition juive. Il sera un admirateur effréné de la révolution française voyant en Napoléon Bonaparte la liberté incarnée.

En 1824, il rencontre Goethe à Weimar. Détesté parce que juif, internationaliste et progressiste, il sera l'homme à abattre des nationalistes allemands. L'année suivante, Il se convertira au luthéranisme afin d'accéder à une fonction publique. Rejeté par sa communauté comme traître, il finit par se haïr d'être juif, mais aussi d'être allemand.

Il arrive à Paris en juin 1831 comme correspondant de la Gazette d'Augsbourg, et il prend dès l'abord une position originale, écrivant tour à tour en allemand et en français, servant d'intermédiaire entre deux pays, de trait d'union entre deux littératures. Bientôt se forme autour de lui tout un groupe de collaborateurs, dont le plus ingénieux fut Gérard de Nerval. Il se liera d'amitié avec George Sand, Honoré de Balzac, Alfred de Musset. Friedrich Nietzsche sera l'un de ses plus fervents admirateurs.

En décembre 1835, la Diète germanique condamne tous les écrits de la «Jeune Allemagne». Heine en faisant partie en raison de sa critique mordante de la situation en Allemagne, il doit se résoudre à finir ses jours en exil.

Une affection de la moelle épinière le cloue à partir de mai 1848 sur son lit de douleur, sa «tombe de matelas» (Matratzengruft), comme il l'appelait.

Malgré son état physique des plus misérables, il conserva une admirable fraîcheur d'esprit, et c'est alors qu'ont pris naissance certaines de ses plus importantes productions en prose. Il revient aussi à la poésie, où s'entremêlent l'élégie, la confession intime et l'espoir politique.

Ses huit années d'agonie s'achevèrent le 17 février 1856 à Paris.
Dans son testament, il remercie la France de l'hospitalité qu'elle lui a donnée.

Nombre de ses poèmes ont été transposés en musique, notamment par Franz Schubert -le Chant du cygne-, Robert Schumann -les Amours du poète- et tant d'autres : Brahms, Mendelssohn, Grieg, Reger, Richard Strauss, Liszt, Cornélius... L'un d'entre-eux, Die Loreley, inspirera de nombreux écrivains ou auteurs contemporains : Guillaume Apollinaire, Gérard de Nerval, Charles Trénet, Mark Twain, Jacques Higelin, Hubert-Félix Thiéfaine...


plus d'infos 1 commentaires

mar

18

sep

2007

Gérard de NERVAL (1808-1855)

Ne m'attends pas ce soir car la nuit sera noire
& blanche, illuminée, rue de la vieille lanterne

 

Gérard de NERVALGérard de Nerval est né le 22 mai 1808 à Paris sous le nom de Gérard Labrunie.

A la mort de sa mère en 1810, il est recueilli par son grand-oncle jusqu'au retour de son père en 1814, engagé dans la Grande Armée.

Au lycée, il s'intéresse à la littérature allemande dont il sera un excellent traducteur. A l'âge de vingt ans, il traduit le Faust de Goethe qui lui valut d'être félicité par l'auteur lui-même.

A partir de 1830, il fréquente assidûment la bohème parisienne et se lie d'amitié avec Théophile Gautier et Victor Hugo. Il côtoie également Honoré de Balzac, Hector Berlioz, Alexandre Dumas et Petrus Borel.

En mai 1841, il est victime d'une première crise d'hallucinations et de délire. Interné, il décrit cet épisode comme une expérience poétique. La nouvelle tragique de la mort de son égérie, Jenny Colon, actrice dont il était éperdument amoureux, contribue à faire germer en son esprit le désir de fuite. Il entreprend alors une visite des pays de l'Orient.

À son retour de voyage et jusqu'en 1851, il reprend ses activités de journaliste et de librettiste. Il traduit également des poèmes de son ami Heinrich Heine.

En proie à des crises de folie de plus en plus rapprochées, il est interné à plusieurs reprises (janvier-février 1852, février-mars 1853, août 1853-mai 1854, fin 1854). Inspiré par le mythe de Mélusine : Lorely (1852), Les Filles du feu (1854) ou par celui d'Orphée et Eurydice : Les Chimères (1853), c'est pendant cette période qu'il écrit ses plus beaux livres.

On le retrouva le 26 janvier 1855, resplendissant rue de la Vieille-Lanterne, pendu à la grille d'un bouge au bout d'une corde qui est peut-être la ceinture de la reine de Saba…

« Ne m'attends pas ce soir car la nuit sera noire et blanche » sera le dernier écrit laissé par Gérard de Nerval à sa tante avant de modestement prendre congé « dans le coin le plus sordide qu'il ait pu trouver » comme l'a commenté Baudelaire.


plus d'infos 0 commentaires

jeu

13

sep

2007

Charles BAUDELAIRE (1821-1867)

Fier de ton déshonneur de poète estropié
Tu jouis comme un phénix ivre mort sous les flammes

 

Charles BAUDELAIRECharles Baudelaire est né à Paris le 9 avril 1821.

Il n'a que six ans lorsqu'il perd son père. La stricte discipline que son beau-père lui inflige, les vexations du collège alimentent sa révolte.

En 1837, il obtient le deuxième prix de vers latins au concours général. Deux années plus tard, il se fait renvoyer de son lycée en raison de son impertinence. Il commence alors à fréquenter la bohème parisienne.

En 1840, il rencontre Gérard de Nerval et Honoré de Balzac. Il créé avec des amis un groupe baptisé "Ecole normande" où ils écrivent des poèmes et chansons.

En mars 1842, il rencontre Jeanne Duval, qui deviendra sa muse. A sa majorité, il reçoit l'héritage paternel et entame la vie dorée de bohème riche. Il use de l'opium et du haschich et contracte de lourdes dettes.

En 1844, mis sous tutelle par le conseil de famille et jouissant désormais d'une rente trop maigre, il est contraint d'écrire pour vivre : il s'imposera vite dans la critique d'art comme un maître du genre. L'année suivante, il fera deux tentatives de suicide : « Je me tue parce que je suis inutile aux autres et dangereux à moi-même ».

En juillet 1849, il commence la traduction des œuvres d'Edgar Allan Poe, travail qu'il continuera jusqu'en 1865.

 

Ce sont des loups frileux au bras d'une autre mort
Piétinant dans la boue les dernières fleurs du mal

 

En 1857, il publie Les Fleurs du mal contenant tous ses poèmes écrits depuis 1840. Le recueil, qui sera poursuivi pour « outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs », se verra amputé de six poèmes. Une deuxième édition comportant trente-cinq nouvelles pièces verra le jour en 1861.

Après la rupture avec Jeanne en 1862, Baudelaire vit quelques années pathétiques. Sa force physique et morale n'a cessé de se délabrer.

En 1866, il parvient à publier les 6 poèmes censurés dans une nouvelle édition des Fleurs du mal. Au cours d'un voyage en Belgique, il est frappé par une attaque cérébrale.
Aphasique, hémiplégique et atteint de la syphilis, il meurt à Paris le 31 août 1867 vers onze heures du matin dans les bras de sa mère, sans avoir pu réaliser le projet d'une édition définitive, comme il la souhaitait, des Fleurs du Mal, travail de toute une vie.

 

Baudelaire est mort hier, à 11 heures du matin,
En zoomant d'apaisantes nuées crépusculaires,
Fatigué d'un été qui le rongeait sans fin
& de l'hargneuse odeur des furies sanitaires

 


plus d'infos 1 commentaires

dim

02

sep

2007

Arthur RIMBAUD (1854-1891)

 

Arthur RIMBAUDArthur Rimbaud est né le 20 octobre 1854 à Charleville.

Il vit une enfance misérable entouré de sa maman Vitalie, son frère aîné et ses trois sœurs.

Au collège, sa scolarité exceptionnelle montre sa prodigieuse précocité : il collectionne tous les prix d'excellence, en littérature, version, thème, et rédige avec virtuosité en latin des poèmes, des élégies, des dialogues.


Moi, je pars pour Dublin sur un nuiteux cargo
Qui traverse le temps perdu de la sagesse
& rejoins le bateau ivre d'Arthur Rimbaud
Dans le flux des bateaux tankers d'Arthur Guiness


Entre août 1870 et septembre 1871, plusieurs fugues le conduisent à Paris. Son poème Le Bateau ivre (1871) rencontrera un franc succès auprès des « Vilains Bonshommes ». Il sera successivement hébergé chez plusieurs poètes : Paul Verlaine, Charles Cros, André Gill, Théodore de Banville…

 

Une saison en enfer foudroie l'Abyssinie
Ô sorcière ô misère ô haine ô guerre voici

Le temps des assassins que tu sponsorisas
En livrant tous ces flingues au royaume de Choa


De sa tumultueuse relation avec Verlaine - ponctuée de saouleries, ruptures, coups de couteau, réconciliations, coups de feu - il accouchera dans la douleur de deux œuvres majeures : Une saison en enfer (1873) et Illuminations (1873-1875). Son obsessionnelle volonté de gagner sa vie le conduit alors à courir le monde et à renoncer à la poésie.


Atteint de fièvre typhoïde en 1879, il rentre en France avant de retourner à Chypre puis au Yémen et enfin Harar en Ethiopie, où commence pour lui une nouvelle carrière dans le commerce de l'ivoire et de peaux. Il contracte la syphilis en 1881.

En 1883 et 1884, Verlaine publie « Les poètes maudits », sous forme de série, puis en volume. La jeune génération symboliste découvre alors l'œuvre de Rimbaud.

 

Je vendais de beaux bigoudis-mousse
Des Mickey des babouches
Des flingues et des cartouches
Dans la savane et dans la brousse


A partir de 1885, Rimbaud se consacre à une activité d'importation d'armes en Ethiopie, dans la région du Choa. En 1887, il traverse le désert d'Abyssinie jusqu'à Harar. Il est l'un des premiers occidentaux à parcourir cette région de la corne de l'Afrique. Après une tentative infructueuse pour monter une nouvelle affaire de vente d'armes dans les premiers mois de 1888, Rimbaud décide de revenir au négoce traditionnel.

 

La jambe de Rimbaud de retour à Marseille
Comme un affreux cargo chargé d'étrons vermeils
Dérive en immondices à travers les égouts
La beauté fut assise un soir sur ce genou


En mai 1891, alors qu'il souffre depuis des mois d'une douleur aigüe au genou, il regagne la France pour s'y faire hospitaliser à l'Hôpital de la Conception à Marseille. Il est amputé de la jambe droite. Le cancer qui se généralise l'empêchera de regagner l'Afrique.

10 novembre 1891, dix heures du matin. Rimbaud, tout juste âgé de 37 ans, s'éteint après une longue agonie et plusieurs semaines de semi-coma.

 

Horreur Harar Arthur
Et pas de cresson bleu
Horreur Harar Arthur
Où la lumière pleut


plus d'infos 0 commentaires

sam

04

aoû

2007

Paul VERLAINE (1844-1896)

Suivre le jeu d'une étamine
Sur un oeillet violet
Qui s'entrouvre et qui s'illumine
D'une larme de lait

 

 

Paul VERLAINEPaul Verlaine est né le 30 mars 1844 à Metz.

A l'âge de 16 ans, il découvre Baudelaire et l'absinthe. Après une bonne scolarité, il obtient son baccalauréat, s'inscrit en droit, fréquente les cafés et salons littéraires parisiens et renonce finalement à ses études car c'est la poésie qui l'attire.

En 1866, il collabore au premier recueil du Parnasse contemporain avec trente-six autres poètes, dont Charles Baudelaire, Henri Cazalis, François Coppée, Théophile Gautier, Stéphane Mallarmé, Albert  Mérat, Sully Prudhomme ou Auguste Villiers de l'Isle-Adam.

Il publie également les Poèmes saturniens (1866) et Fêtes galantes (1869). Son œuvre ne souleva aucun enthousiasme chez le public et laissa la critique plutôt froide, sinon hostile. On reprocha à l'auteur sa tendance à l'affectation et à l'outrance, son goût de la bizarrerie prosodique et de la désarticulation du vers.

La rencontre de Rimbaud en 1871 bouleverse sa vie : les deux poètes, qui vivent une relation passionnée, partent en Angleterre et en Belgique. En juillet 1873, lors d'une dispute à Bruxelles, Verlaine tire sur son ami Rimbaud et le blesse d'une balle au poignet. Il passe deux années en prison où il écrit Romances sans paroles (1874), le plus réussi de ses recueils. Libéré, il se retrouve seul, sa femme Mathilde Mauté ayant obtenu la séparation de corps. 

En 1876, Verlaine, Charles Cros et Mallarmé, jugés trop à contre-courant de leur siècle, sont exclus du Parnasse contemporain.

En mars 1884, Verlaine publie un essai, Les poètes maudits, qui contribue à le faire connaître. Avec Mallarmé, il est traité comme un maître et un précurseur par les poètes du symbolisme et par les décadents.

À partir de 1887, sa célébrité est incontestable mais il mène une vie de débauche (alcool, etc.) et séjourne régulièrement à l'hôpital...

Il meurt dans un certain dénuement le 8 janvier 1896 d'une congestion pulmonaire. Le faire part de décès sera rédigé par son fils Georges et édité par la Maison Henri de Borniol.


plus d'infos 0 commentaires

mer

25

jui

2007

Charles CROS (1842-1888)

Charles CROSCharles Cros est né le 1er octobre 1842 dans le village de Fabrezan.

Personnage hors du commun, autodidacte de génie, Charles Cros est à la fois attiré par la littérature et par la science. Il présente un télégraphe automatique à l'Exposition universelle de 1867, mais joue de malchances à la course aux brevets dès son entrée dans le milieu scientifique. Son procédé de photographie en couleurs (2 décembre 1867) fut ainsi attribué à Louis Ducos Du Hauron (28 novembre 1868 !). Son invention, le "paléophone" (30 avril 1877), fit la gloire de Tomas Edison et de son "phonographe" (15 janvier 1878 ! ).

En 1871, il collabore au second recueil du Parnasse contemporain avec cinquante-cinq autres poètes, dont François Coppée, Théophile Gautier, Stéphane Mallarmé, Albert Mérat, Sully Prudhomme ou Auguste Villiers de l'Isle-Adam. En octobre, il fonde le "Cercle des poètes zutiques". On en a gardé un Album Zutique, dans lequel les participants, dont Verlaine, Rimbaud et Germain Nouveau, caricaturaient férocement les poètes parnassiens par des poèmes parodiques et des dessins.

Entre 1872 et 1885, il apparaît dans tous les groupes de bohème littéraire plus ou moins marginaux : dans le salon de Nina de Villard, chez les «phalanstériens de Montmartre», chez les poètes du Parnasse , chez les «Hydropathes» d'Émile Goudeau, au Chat-Noir, chez les zutistes, chez les «vilains bonshommes» ou au café artistique de la Nouvelle Athènes.

En 1879, il obtient un prix de l'Académie française, faible récompense pour ses travaux littéraires – seuls les surréalistes ayant vu en lui un précurseur – et touche de l'État une indemnité au titre des arts et des lettres. Cependant, sa vie de bohème, l'absinthe aidant, altère sa santé, et des années de difficultés morales, physiques et financières surviennent.

Le 9 août 1888, Charles Cros meurt inconnu et misérable, laissant non publiée la majeure partie de son œuvre. Charles Cros reste un poète isolé, n'appartenant à aucune école, ni parnassien, ni symboliste, ni décadent.

En 1947, un groupe de critiques et spécialistes de l'enregistrement sonore crée l'Académie Charles Cros, aujourd'hui composée d'une cinquantaine d'experts indépendants et bénévoles élus par leurs pairs.
Le Grand Prix du disque de l'académie Charles Cros fut décerné en 1996 à l'album «La tentation du bonheur». Hubert-Félix Thiéfaine, succède ainsi à Georges Brassens (1954), Serge Gainsbourg (1959), Jacques Higelin (1976), Léo Ferré (1984) ou Alain Bashung (1994).


plus d'infos 0 commentaires

jeu

19

jui

2007

Emile GOUDEAU (1849-1906)

Emile GOUDEAUÉmile Goudeau est né le 29 août 1849 à Périgueux.

En 1878, il crée au Café de la Rive-Gauche, boulevard Saint-Michel, le club des Hydropathes, un lieu libre et ouvert où tous les jeunes, qu'il soient acteurs, musiciens, poètes, amateurs de littérature et de bon vin peuvent présenter leurs oeuvres face au public.

Dans la salle se mêlent étudiants et écrivains comme Léon Bloy, François Coppée, Guy de Maupassant, Charles Cros, Jules Laforgue et Alphonse Allais. Il y a aussi la bande dirigée par Allais et Sapeck qui est constamment à l'affût d'une bonne "fumisterie" pour mystifier tout le monde, à commencer par les mauvais orateurs. Le succès fut si rapide que le cercle dut émigrer de café en café avant de trouver une salle suffisante pour accueillir plusieurs centaines de personnes.

En juin 1880, Goudeau décide de dissoudre les Hydropathes. Peut-être a-t-il le sentiment que son club s'est peu à peu éloigné de son projet initial en devenant une véritable attraction parisienne.

En novembre 1881 a lieu la rencontre historique entre Rodolphe Salis et Émile Goudeau. Un mois plus tard naît au 84, boulevard Rochechouart, le cabaret du Chat Noir, dans lequel on y trouve quelques anciens Hydropathes : Alphonse Allais, Charles Cros, Léon Bloy, mais aussi le peintre Willette, les chansonniers Aristide Bruant, Jules Jouy, Jean Goudezki, les poètes Albert Samain, Maurice Rollinat, Maurice Mac-Nab, Jean Richepin, etc.

Émile Goudeau, l'inventeur de Montmartre et du café-théâtre, meurt le 18 août 1906. Reste à découvrir son oeuvre, ses Poèmes parisiens, ses Poèmes ironiques -avec Charles Cros il était passé maître dans l'art d'improviser un sonnet.

L'histoire ne dit pas si son enterrement fut, tel qu'il le mystifiait lui-même, confié à la Maison Borniol dans le Chat Noir transformé en chapelle ardente...


plus d'infos 0 commentaires