JE T'EN REMETS AU VENT

(Paroles et musique : H.-F. Thiéfaine)
 
D'avoir voulu vivre avec moi
T'as gâché deux ans de ta vie
Deux ans suspendue à ta croix
A veiller sur mes insomnies
Pourtant toi tu as tout donné
Et tout le meilleur de toi-même
A moi qui ai tout su garder
Toujours replié sur moi-même
 
Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, je t'en remets au vent
 
Toi tu essayais de comprendre
Ce que mes chansons voulaient dire
Agenouillée dans l'existence
Tu m'encourageais à écrire
Mais moi je restais hermétique
Indifférent à tes envies
A mettre sa vie en musique
On en oublie parfois de vivre
 
Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, je t'en remets au vent
 
Tout est de ma faute en ce jour
Et je reconnais mes erreurs
Indifférent à tant d'amour
J'accuse mes imbuvables humeurs
Mais toi ne te retourne pas
Va droit sur ton nouveau chemin
Je n'ai jamais aimé que moi
Et je reste sans lendemain
 
Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, je t'en remets au vent
Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, je t'en remets au vent


Tu as écrit autrefois dans une chanson : « A mettre sa vie en musique, on en oublie parfois de vivre »…
Une trentaine d'années plus tard, est-ce un constat que tu fais davantage ?

 
C'est un peu prétentieux, quand on sait que quand j'ai écrit cette chanson, j'avais 18 ans. C'est une chanson très réaliste et en même temps complètement imaginaire. Je vis avec mes chansons, qui font partie intégrante de ma vie. Sans elles, je vivrais un peu boiteux maintenant.
 
Journal l'Alsace / le Pays - 21 mai 2001